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Brahms en fête dans la Musikfest parisienne

par Victoria Okada

La Musikfest parisienne revient en cette fin du mois de mai à la Salle Cortot avec trois programmes constitués uniquement d’œuvres de Brahms. Liya Petrova réunit, sous sa direction artistique, ses amis et collègues de musique de chambre, tous chevronnés dans l’exercice. Nous avons assisté à son premier concert, le 25 mai.

Concert sous le signe de passion

« Comme un défi au temps », dit le programme distribué dans la salle. Défit au temps de la COVID, mais aussi au temps qui nous sépare de Brahms, pour montrer l’universalité et la modernité de son inspiration musicale.
Ce soir, tout le concert se déroule sous le signe de la passion. Et c’est surtout leur propre passion que les musiciens nous transmettent. Même s’ils ont continue à jouer pendant la fermeture des théâtres, soit pour des enregistrements, soit pour des captations, avoir un public dans la salle change totalement la donne et l’interaction, même silencieux, avec les auditeurs crée une montée de l’adrénaline qui permet d’aller plus loin. Ainsi, la magie s’opère très fort lors de ce concert, par exemple dans le deuxième mouvement du Quatuor avec piano n° 3 op. 60, ou dans le premier mouvement du Quintette à cordes n° 2 op. 111 où les musiciens sont complètement absorbés par la génie du compositeur. La passion est si contagieuse dans ce dernier cas que certains applaudissent copieusement après ce mouvement initial.

 

Musikfest parisienne, le 25 mai 2021 à la Salle Cotot

La subtilité sublime et lumineuse

Aux côtés de la passion affirmative, la subtilité n’est moins présente. L’entré de l’alto et du violoncelle dans le finale du Quatuor avec piano est bien discrète, mais par la suite, les deux instruments prennent naturellement leurs places et rivalise dans une grande harmonie avec le violon et le piano. Le mouvement lent du Quintette avec piano op. 34 est marqué plutôt par un élan emprunté d’un sentiment d’urgence que par la largeur habituel du chant. De l’interprétation du Scherzo du même Quintette, de caractère assez sombre mais rempli d’énergie, ressort quelque chose d’incontestablement lumineux, et c’est tout à fait réjouissant.

Des trois œuvres interprétées ce jour, toutes de périodes différentes (le Quatuor avec piano op. 60 est composé en 1875, le Quintette op. 111 en 1890 et le Quintette avec piano op. 34 en 1864), nos musiciens dégagent, outre la passion, une épaisseur dans la sonorité, si caractéristique de Brahms. Et cette épaisseur conjuguée au caractère juvénile confère à l’interprétation une réjouissance sans borne, renforcée par le bonheur de retrouver de vrais sons qui vibrent !

Musikfest parisienne, salut final, le 25 mai 2021

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Concert du 25 mai 2021, Salle Cortot à Paris

Quatuor avec piano n° 3 en ut mineur, op. 60 (1975)
Pierre Fouchenneret, violon ;
Lise Berthaud, alto ;
Yan Levionnois, violoncelle ;
Eric Le Sage, piano

Quintette à cordes n° 2 en sol majeur, op. 111 (1890)
Pierre Fouchenneret et Shuichi Okada, violon ;
Adrien Boisseau, alto ;
Lise Berthaud, alto ;
Yan Levionnois, violoncelle

Quintette avec piano en fa mineur op. 34 (1864)
Liya Petrova et David Petrlik, violon ;
Grégoire Vecchioni, alto ;
Bruno Philippe, violoncelle ;
Eric Le Sage, piano

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