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Les Étoiles du classique, nouveau festival à Saint-Germain-en-Laye

Le jeune violoniste Thomas Lefort a conçu un festival dédié aux jeunes talents

par Victoria Okada

En cette année de retour à la normale, certain nombre de nouveaux festivals voient le jour. L’un d’entre eux, Les Étoiles du classique, est une concrétisation de projet conçu par le violoniste Thomas Lefort. Au terme de trois jours de festivités où des jeunes talents sont mis à la lumière, un concert en hommage à Ivry Gitris et un grand concert symphonique, en présence de Martha Argerich, ont remporté de grands succès.

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Au commencement, il y eut un projet présenté par Thomas Lefort dans le cadre de son master au Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Dans son mémoire, il avait déjà tout détaillé : organisation, logistiques, budget… La tenue du Festival est l’ultime étape de son projet, rendue possible grâce à Patrick Petit, président du festival, qui a mis tout son savoir-faire en œuvre.

Étoiles de demain

Pendant trois jours, des jeunes solistes se sont succédé sur une quinzaine de concerts, parfois aux côtés de leurs prestigieux aînés. Parmi ces étoiles de demain, certains noms sont plus ou moins connus que les autres, alors que d’autres se lançant à peine dans une carrière. Mais peu importe la réputation, ensemble, ils forment toute une génération de la scène française du classique ; ce sont des étoiles de demain. Toujours pour mettre les jeunes interprètes à la lumière des projecteurs, le Festival a invité d’artistes d’institutions d’excellence, comme l’Académie Jaroussky et le Centre de Musique de Chambre de Paris (Certains musiciens font partie des deux structures, notamment la violoniste Iris Scialom et la soprano Anara Khassenova).

 

Grégoire Blanc (thérémine) et Julie Nguyen (piano), 1er juillet 2022 au théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye

 

Mélange de styles et de générations

Le Festival s’attache à mélanger des genres, de styles, et pour le concert final, de générations. Ainsi, le premier concert du 1er juillet, on a pu entendre, dans un concert sous le thème de « Au pays des merveilles », la harpe solo (Alexandra Luiceanu), un duo thérémine-piano (Grégoire Blanc et Julie Nguyen) et le piano solo (Florian Noack joue une de ses propres transcriptions). Dans le programme « Couleurs des Amériques » du deuxième jour, la trompettiste Lucienne Renaudin Vary et la flûtiste de pan Adriana Babin partagent la scène avec Thomas Lefort et le pianiste Pierre-Yves Hodique. Ou encore, dans le concert « Hommage à Ivry Gitris » en plein air le dernier jour, Eva Zavaro, Thomas Lefort et des musiciens du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris se côtoient Martha Argerich (qui est venue avec son propre piano de concert Shigeru Kawai), Gilles Apap, Vinh Pham, Iddo Bar-Shaï, Itamar Golan ou encore Yves Henry, dans un programme allant de Vivaldi au jazz manouche. Les cinéphiles ont pu apprécier l’accompagnement improvisé au piano par Thomas Lavoine pour film muet Paris qui dort de René Clair (1923), le soir du premier jour.

 

Spectacle du Centre de Musique de Chambre de Paris, 2 juillet 2022 au théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye

 

Thomas Lavoine (piano) au ciné concert, 1er juillet 2022 au théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye

 

Grandes fêtes accessibles

Ces grandes fêtes se déroulent dans une atmosphère détendue. Entre les concerts, les artistes qui viennent de jouer se mêlent au public dans le hall du Théâtre Alexandre Dumas, aux dédicaces ou dans des discussions spontanées. Les indispensables bénévoles sont tous dévoués dans leurs efforts de rendre la manifestation le plus agréable possible.
Malgré la canicule pour les concerts au domaine national de Saint-Germain-en-Laye, le 3 juillet à partir de 16 heures, la chaleur dont on a craint tombe assez rapidement. Au début de la soirée, à cause de la grande fraîcheur, l’ordre du programme du grand concert symphonique (avec l’Orchestre national d’Île de France dirigé par Roberto Forés Veses) a même dû être modifié pour que Martha Argerich puisse jouer plus tôt que prévu et éviter ainsi d’attendre son tour sous l’air qui devient presque froid.
La fréquentation allait en croissant, rassemblant pour le grand concert symphonique (3 juillet à 20 heures) les 1500 places entièrement remplies. On pouvait y trouver des mélomanes confirmés qui viennent écouter la reine du piano mais aussi des néophytes qui profitaient du beau jour d’été dans une ambiance sympathique. En bref, le festival accessible a donné une satisfaction à tout le monde.

 

De g. à d. : Adriana Babin (flûte de pan), Lucienne Renaudin Vary (trompette) et Thomas Lefort (violon et directeur artistique), 2 juillet 2022 au théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye

 

Succès de la première édition

Cette première édition des Étoiles du classique fut donc un succès ; on n’a jamais entendu autant de jeunes talents sur une période aussi concentrée. Quelques points, tels que l’absence de l’ouverture marquée et le contenu de la feuille et du livret du programme à améliorer…, pourraient être modifiés dans les prochaines éditions afin de continuer sous de bonnes étoiles qui seront, espérons-le, de plus en plus nombreuses.

 

Salut final du grand concert symphonique, 3 juillet 2022 au domaine de Saint-Germain-en-Laye

 

Les Étoiles du classique

Du 1er au 3 juillet 2022
Théâtre Alexandre Dumas, église Saint-Germain et Domaine national de Saint-Germain-en Laye

Photos © Victoria Okada

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